Transformer le PEEK et le PPSU : l’expertise de Manuplast, filiale du groupe Mora

Le PEEK et le PPSU font partie des matières plastiques les plus techniques du marché, capables de remplacer certains alliages métalliques tout en offrant légèreté, résistance et performance.
Chez Manuplast, filiale suisse du groupe Mora, ces polymères hautes performances sont maîtrisés depuis plus de vingt ans. À travers le témoignage de Franck Breuillard, découvrez les spécificités du PEEK et du PPSU, et comment le groupe Mora parvient à transformer ces matières d’exception avec précision et fiabilité.

Bonjour Franck, pourriez-vous vous présenter rapidement ?

Titulaire d’un CAP/BEP en mécanique, j’ai commencé ma carrière comme mécanicien de précision dans le domaine de l’outillage. J’ai intégré Manuplast il y a maintenant près de 34 ans. D’abord responsable de l’atelier mécanique, j’ai ensuite piloté les parties injection et mécanique du site de production pendant une vingtaine d’années. Aujourd’hui, en tant que responsable de production, je travaille en lien direct avec le bureau d’études et les clients, en m’occupant notamment de la préparation des devis, des offres et du suivi global des projets.

Franck, pouvez-vous nous expliquer ce que sont le PEEK et le PPSU ?

Le PEEK et le PPSU sont deux matières plastiques techniques, positionnées sur le haut de gamme. Leur coût est plus élevé que celui des polymères standards, en particulier pour le PEEK, mais leurs performances justifient cet investissement. Ce sont aujourd’hui d’excellentes alternatives aux alliages et aux métaux pour certaines pièces mécaniques

Ces matériaux se distinguent par leur légèreté, leur résistance mécanique exceptionnelle et leur grande stabilité chimique. Ils peuvent être injectés dans des moules multi-empreintes tout en offrant une solidité comparable à celle de l’acier. Autre avantage important : ils présentent une excellente résistance aux agents chimiques et sont parfaitement adaptés à des environnements exigeants comme le médical ou l’alimentaire.

Le PEEK

Le PEEK est un polymère semi-cristallin aux performances remarquables. Il se distingue par une très haute résistance à 600 °C, un niveau exceptionnel pour une matière plastique. Cette stabilité, combinée à une résistance élevée aux produits chimiques, en fait un matériau de choix pour des secteurs exigeants comme le médical, l’automobile, le pétrole et le gaz. Sa légèreté est un autre atout majeur. Le PEEK permet une réduction de poids significative par rapport à l’acier, sans compromis sur la solidité.

Chez Manuplast, nous travaillons le PEEK depuis le début des années 2000. C’est en accompagnant la société Eversys développeur de machines, fondée en 2009, que nous avons véritablement perfectionné la maîtrise de cette matière. En collaboration étroite avec leur bureau d’études, nous avons affiné nos procédés et développé un savoir-faire industriel reconnu.

Le choix du PEEK pour les composants de machines à café s’est imposé naturellement : ces équipements doivent supporter de forts écarts de température instantanés, et le PEEK offre la meilleure tenue mécanique et thermique dans ces conditions. L’objectif est de remplacer un maximum de pièces métalliques par du PEEK, afin d’alléger considérablement les machines tout en garantissant leur durabilité.

Ce matériau est également utilisé dans d’autres domaines de pointe, notamment le secteur pharmaceutique et médical. Le PEEK entre, par exemple, dans la composition de certaines pièces implantables dans le corps humain, conçues pour rester en place à vie.

Le PPSU

Le PPSU est une matière qui partage de nombreuses similitudes avec le PEEK, mais elle présente une viscosité beaucoup plus élevée. Concrètement, cela signifie qu’elle est plus épaisse et qu’il est difficile de remplir des parois fines lors de l’injection. Cette caractéristique la rend plus contraignante à transformer, mais elle conserve d’excellentes propriétés mécaniques et thermiques. De plus ce thermoplastique amorphe permet l’injection de pièces transparentes.

Le PPSU est particulièrement adapté à la fabrication de pièces destinées au matériel de stérilisation, notamment celles exposées à des températures comprises entre 100 et 140 °C, comme dans les autoclaves. Il résiste très bien à ces conditions extrêmes, tout en garantissant une grande stabilité dans le temps.

Son coût est inférieur à celui du PEEK, ce qui en fait une alternative intéressante lorsque les contraintes géométriques sont moindres. Nous travaillons le PPSU depuis une quinzaine d’années et avons développé une réelle expertise dans l’injection de cette matière exigeante, capable de répondre aux besoins des secteurs médical, pharmaceutique ou encore industriel.

Comment s’injecte le PEEK ou le PPSU dans les presses. Utilise-t-on les mêmes presses que pour les autres matières plastiques ?

Les presses utilisées pour l’injection du PEEK et du PPSU sont les mêmes que pour d’autres matières plastiques, mais les réglages et les conditions de travail sont beaucoup plus exigeants. On utilise toujours une vis sans fin et un système de résistances électriques pour chauffer et transformer la matière, mais il faut adapter les paramètres à leurs caractéristiques spécifiques.

Ces deux matières nécessitent des presses capables d’accéder à des températures très élevées, jusqu’à 450 °C. Les moules doivent eux aussi être chauffés à environ 200 °C, contre seulement 20 à 60 °C pour des plastiques plus courants comme l’ABS ou le polypropylène.

Ces températures extrêmes impliquent l’utilisation de résistances électriques, de régulateurs à huile ou à eau et de matériaux d’outillage adaptés à ces contraintes thermiques. Selon le type de pièce à produire, il faut également choisir le grade de PEEK le plus approprié, car la viscosité varie d’un grade à l’autre. En sélectionnant le bon PEEK, on peut concevoir des pièces très précises, avec des parois fines, tout en conservant d’excellentes performances mécaniques.

Avec le PPSU, selon la géométrie de l’injection souhaitée ou avec des possibilités d’adaptations des outillages, le résultat reste parfaitement adapté à des applications nécessitant résistance et stabilité thermique.

Y a-t-il des process différents quand on travaille ce genre de matière ?

On utilise le même type de moule que pour la plupart des autres matières plastiques, mais certains paramètres de conception doivent être adaptés. La régulation du moule, par exemple, est très différente de celle d’un moule standard.

Lorsqu’on travaille le PEEK ou le PPSU, l’expérience joue un rôle essentiel. C’est grâce à la pratique, aux essais et à la résolution de problèmes qu’on parvient à affiner ses réglages et à maîtriser parfaitement la transformation de ces polymères techniques. Chez Manuplast, cette expertise s’est construite au fil des années et des projets, jusqu’à devenir un véritable savoir-faire industriel.

Nos équipes maîtrisent aujourd’hui la conception des outillages adaptés à ces matériaux, notamment pour garantir une chauffe homogène du moule à environ 200° et une injection stable. Comme le PEEK est une matière semi-cristalline, il nécessite impérativement un moule chaud pour assurer la qualité de la pièce finale.

Notre expérience nous permet aussi d’optimiser la distribution de la matière dans les empreintes, en ajustant la géométrie des canaux d’alimentation ou la taille des points d’injection afin d’obtenir un remplissage parfait, quelle que soit la complexité de la pièce.

Quel est la particularité de Manuplast dans le Groupe Mora ?

La force de Manuplast, c’est de maîtriser l’ensemble du processus, de la conception du moule à l’injection des pièces. L’entreprise dispose à la fois d’un bureau d’étude, d’un atelier de mécanique et d’un atelier d’injection, ce qui lui permet d’être extrêmement réactive. En cas de mise au point ou d’ajustement nécessaire, le moule peut être démonté, modifié puis remis en production dans la même journée.

Cette agilité repose aussi sur la polyvalence des équipes. Chez Manuplast, les collaborateurs sont capables de travailler sur plusieurs métiers : un régleur peut proposer une amélioration mécanique, tandis qu’un mécanicien saura identifier une optimisation à l’injection. Cette complémentarité crée une véritable osmose entre les équipes et renforce l’efficacité globale de la production.

Mais ce sont également les échanges entre collaborateurs d’ un groupe tel que Mora avec leurs savoir-faire pluridisciplinaire, qui ont accrues nos compétences. La capacité d’investissement du groupe nous permet également de renouveler notre parc machine avec par exemple l’arrivée de presses électriques et d’un nouveau groupe froid.

L’entreprise est également équipée pour répondre aux exigences des environnements contrôlés. Nous sommes capables de transformer le PEEK et le PPSU selon la norme ISO 8, avec des systèmes de flux laminaire assurant une filtration optimale de l’air.

Manuplast assure sur place différentes opérations de finition et d’intégration, comme la tampographie, les montages, les assemblages ou encore le conditionnement. Ces prestations sont généralement réalisées sur de petites séries, ce qui nous permet d’offrir une grande flexibilité et un contrôle qualité renforcé.

Nous entretenons aussi une collaboration étroite avec le milieu de la recherche et de l’innovation et accompagnons de nombreuses start-up dans leurs premiers développements. Ces jeunes entreprises ont souvent besoin de petites séries pour valider leurs concepts, et c’est justement l’un des points forts de Manuplast : la capacité à produire des pièces techniques en faible volume, avec la même exigence de qualité qu’en grande série.

Grâce à ses différentes filiales, dont Manuplast en Suisse, le Groupe Mora s’est imposé comme un acteur de référence dans la transformation des matières plastiques techniques. L’expertise combinée des équipes permet aujourd’hui de maîtriser des matériaux complexes comme le PEEK et le PPSU.

Cette maîtrise s’appuie sur un savoir-faire industriel complet : conception et fabrication des moules, injection, assemblage, finitions et contrôle qualité. Cette intégration verticale offre au Groupe Mora une grande agilité, capable de répondre aussi bien à des projets de petites séries pour la recherche, le prototypage ou les start-up qu’à des productions de grande ampleur.

Les équipes de Mora Group fortes de leur expérience et d’une connaissance fine des procédés d’injection à haute température, accompagnent leurs clients sur des marchés particulièrement exigeants comme l’alimentaire, le pharmaceutique ou le médical.

Qu’il s’agisse de pièces destinées à des environnements stériles, à des conditions thermiques extrêmes ou à des exigences de conformité strictes, Mora met son expertise au service de solutions fiables, performantes et adaptées à chaque besoin industriel.

Automatisation et robotisation : au cœur de la performance industrielle de Mora Group

L’automatisation et la robotisation continuent de transformer en profondeur l’industriel. Chez Mora Group, ces technologies sont intégrées au cœur des lignes de production pour garantir précision, performance et conformité en salle blanche. À travers le témoignage de Christophe Basset, découvrez comment l’automatisation devient un atout stratégique pour optimiser les process dans le secteur de l’injection plastique.

Bonjour Christophe, pourriez-vous vous présenter rapidement :

Je suis Christophe Basset, responsable méthodes industrielles chez Mora Group depuis 2006. Mon rôle consiste à concevoir, définir et mettre en place l’ensemble des process et des moyens industriels nécessaires à la production de pièces injectées, à l’exception des moules. J’interviens sur la définition des lignes de production, presses à injecter, robots associés, la création de zones à atmosphère contrôlée (ISO 7 et ISO 8) ainsi que sur l’intégration des machines d’assemblage et de contrôle post-injection. J’accompagne Mora Group dans le développement et la mise en œuvre de solutions d’automatisation et de robotisation adaptées aux besoins de nos clients et aux exigences de leurs marchés.

Christophe, pouvez-vous nous expliquer la différence entre robotisation et automatisation. A quoi cela correspond-il ?

Système de comptage automatique

On peut distinguer automatisation et robotisation. L’automatisation intègre souvent de la robotique, mais ce n’est pas systématique. Certaines étapes de conditionnement, par exemple, sont réalisées en automatique, sans qu’un robot n’intervienne directement.

Dans notre domaine de l’injection plastique, la première étape après l’injection consiste à assurer le déchargement des pièces injectées. Cela peut se faire bien sûr par des robots dédiés, mais aussi via des systèmes automatiques, sans recours à la robotique. Nous utilisons par exemple des systèmes de comptage et conditionnement, associés à des convoyeurs,  permettant de gérer très simplement le flux de production en continu.

Quels sont les avantages concrets de l’automatisation pour le secteur de l’injection plastique?

L’un des premiers bénéfices de l’automatisation est bien sûr l’optimisation des cycles de production et de la main d’œuvre associée.  En plus de la productivité, elle permet également un gain en terme de fiabilité et de qualité. Pour reprendre l’exemple ci-dessus, en automatisant le comptage des pièces, Mora Group s’assure que chaque conditionnement contient le nombre d’unités prévu. Autre avantage majeur, celui d’éviter tout contact direct entre les pièces injectées et les mains des opérateurs lors du conditionnement final. Cette maîtrise réduit considérablement les risques de contamination des produits.

Enfin, cette évolution a apporté également un gain ergonomique pour le personnel. Auparavant, les opérateurs devaient poser manuellement les caisses sur des balances, surveiller le remplissage et remplacer les bacs quand ceux-ci étaient pleins. Ce processus répétitif et contraignant a été remplacé par des systèmes automatisés intégrant convoyeurs et pesage en ligne. Les opérateurs sont libérés de ces tâches chronophages et peuvent se concentrer sur des missions à plus forte valeur ajoutée.

Quels sont les types de robots utilisés chez Mora Group et quelles sont leurs fonctionnalités ? ?

Pour en revenir aux robots, nous en utilisons différents types :

  • Des robots dits « cartésiens »,

En particulier pour les productions destinées au secteur automobile. Ces robots fonctionnant sur trois axes (X, Y, Z), comparables à un repère mathématique sont les plus répandus dans l’industrie de la plasturgie. Leur bras monte et descend sur l’axe vertical, tandis qu’une poutre horizontale leur permet de se déplacer pour assurer la prise et la dépose des pièces.

Ce système, bien qu’encombrant, permet de couvrir de grandes distances et s’adapte parfaitement à la gestion de multiples références. Autre avantage ; leur capacité à manipuler des charges importantes.

Robot cartésien pour déchargement et tri multi références (secteur automobile)
Robot latéral (cycle dans le moule)
  • Des robots latéraux haute vitesse

Ces robots sont utilisés dans le cas de production ayant des temps de cycle très courts. Ceci afin de diminuer au maximum l’impact du temps d’intervention du robot dans le moule et ne pas pénaliser la durée globale du cycle d’injection.

  • Des robots 6 axes

En France, Mora Group déploie en majorité des robots 6 axes, notamment pour les applications médicales. Leurs atouts sont multiples :

  • leur compacité, particulièrement adaptée aux salles blanches où chaque mètre cube doit être optimisé pour limiter le volume à traiter par les systèmes de filtration d’air.
  • Ces robots se distinguent également par leur faible émission de particules en fonctionnement et leur nettoyabilité. Certains modèles utilisés par Mora Group peuvent intervenir dans des environnements jusqu’à la classe ISO 5, garantissant une conformité stricte aux exigences du secteur médical et pharmaceutique.
  • Enfin et surtout, ils  offrent une plus grande liberté de mouvement. Ils sont ainsi parfaitement adaptés aux opérations post-injection.
Poste de contrôle et de conditionnement automatique (site Mora France)

Aujourd’hui, le site français de Chambost-Allières est équipé de robots 6 axes, utilisés pour le déchargement des pièces mais aussi pour des opérations spécifiques comme le contrôle qualité par système de vision, le conditionnement ou la tampographie. Cette polyvalence permet d’intégrer en salle blanche des étapes de finition et de personnalisation tout en respectant les normes les plus strictes de propreté et de traçabilité.

Quels critères guident vos choix entre les différents types de robots et solutions d’automatisation ?

Les systèmes mis en place pour l’optimisation des productions existantes sont guidés avant tout par le gain de productivité, confronté au coût de l’investissement nécessaire.

Concernant les installations liées à de nouveaux projets, elles sont toujours guidées par et pour les spécificités du produit. Le choix dépend de nombreux paramètres comme la machine associée, le type de production, la cadence, le nombre de références de pièces à gérer ou les opérations à réaliser sur le produit (assemblage, tri, contrôle, etc.). Les robots offrent cette capacité d’adaptation et garantissent des solutions parfaitement alignées sur les exigences de chaque produit.

Ligne d’assemblage automatique de miroirs de courtoisie (site Mora Portugal)
Machine d’assemblage semi-automatique de gaines appui-tête (site Mora Roumanie)

A chaque nouveau projet et selon le besoin du client et du produit, Mora Group développe des lignes d’assemblage complètes automatiques ou semi-automatiques, ainsi que des machines spéciales, dédiées notamment à l’assemblage de produits pour l’industrie automobile (sur nos sites portugais et roumain). Ces équipements dédiés assurent à la fois la fiabilité de l’assemblage et le respect des cadences et des coûts imposés par le secteur.

Comment les robots redéfinissent-ils la performance industrielle chez Mora Group ?

Mora Group fait évoluer son parc et ses lignes robotisées en fonction des besoins des clients et des projets à venir, avec toujours le souci de rester à la pointe des techniques existantes.

L’entreprise reste attentive aux nouvelles technologies, notamment à l’intelligence artificielle, déjà intégrée dans nos systèmes de contrôle par caméra. Ces dispositifs permettent de vérifier automatiquement la qualité des pièces en sortie d’injection, avec une fiabilité et une rapidité inégalées. L’IA renforce ainsi la précision des contrôles, réduit le risque d’erreurs humaines et sécurise la conformité des lots.

Des logiciels de traitement de données appliqués à l’injection permettent déjà de réaliser des autodiagnostics permanents des machines. Ces évolutions ouvrent la voie à des process industriels plus prédictifs, capables d’anticiper les dérives et de corriger en temps réel les paramètres de production.

L’intelligence artificielle joue et jouera certainement un rôle encore plus important dans l’automatisation. Les robots n’y échapperont pas.

A suivre…

Soudure laser et microfluidique : la précision au cœur de l’expertise Mora Group

La microfluidique évolue rapidement, portée par des enjeux majeurs en santé et en diagnostic. Le groupe Mora relève ce défi en combinant expertise en injection plastique et en soudure laser . À travers le témoignage de Vincent Collard, découvrez comment la soudure laser devient un levier stratégique pour l’assemblage de puces microfluidiques.

Bonjour Vincent, pourriez-vous vous présenter rapidement ?

Je suis Vincent Collard, Directeur Technique du groupe MORA et ingénieur en mécanique diplômé de l’UTC de Compiègne.
Après une première expérience dans la sous-traitance, j’ai passé 15 ans dans l’industrie automobile, où j’ai conçu des capteurs moteurs et systèmes mécatroniques pour des constructeurs comme PSA, Renault, BMW ou Ford. J’y ai dirigé des équipes et piloté des projets de la conception à la mise en production.
Par la suite, j’ai relevé de nouveaux défis dans le secteur des énergies renouvelables, en gérant de grands projets pour EDF et Aéroports de Paris.
Aujourd’hui, je mets cette expertise au service des clients de MORA pour les accompagner dans leurs projets les plus complexes, avec exigence et précision.

Vincent, pouvez-vous nous expliquer ce qu’est la soudure laser  de puces microfluidiques en COC ?

Pour commencer, le COC (Cyclo-Oléfine Copolymère) est un matériau plastique particulièrement adapté aux dispositifs microfluidiques. Il se distingue par ses excellentes propriétés de transparence optique, sa compatibilité biologique, et son faible relargage chimique. Ces caractéristiques en font une alternative crédible, et de plus en plus courante, au verre, historiquement utilisé dans ce type d’applications. Grâce à ses performances proches de celles du verre, le COC s’impose comme un choix stratégique pour la conception de puces microfluidiques.

Qu’est-ce qu’une puce microfluidique et quelles sont ses principales applications ?

Les puces microfluidiques sont de petits dispositifs utilisés pour manipuler de très faibles volumes de liquides. Elles sont au cœur de nombreuses applications dans les domaines du diagnostic médical et de la biologie. Aujourd’hui, cette technologie connaît un fort développement, notamment pour les tests de dépistage et d’analyse.

Les puces microfluidiques fonctionnent un peu comme les cassettes de tests Covid que tout le monde connait. Les puces sont insérées dans des machines de diagnostic comme les cassettes Covid afin d’avoir des résultats d’analyse précis et rapides. Les échantillons testés sont des gouttes de sang ou de fluide corporel. Les résultats vont porter sur la présence ou non de certains pathogènes.

Chez Mora, c’est précisément sur la fabrication de ces puces microfluidiques que nous intervenons. Nos clients sont majoritairement les fabricants de ces machines de diagnostic, avec lesquels nous collaborons pour produire des puces microfluidiques adaptées aux exigences techniques et médicales.

Celles-ci s’intègrent dans des systèmes de diagnostic utilisant des technologies très diverses, selon les besoins : détection par infrarouge, ultrasons, ou encore analyses génétiques. Leur force réside dans leur capacité à détecter des éléments à l’échelle moléculaire, à partir de très faibles volumes d’échantillons : une goutte de sang, de sueur ou d’un autre fluide corporel peut suffire.

Les applications sont multiples : détection de maladies, dépistage génétique, recherche de biomarqueurs, mais aussi contrôle qualité dans le domaine alimentaire, comme la recherche de traces de gluten. Ce champ d’utilisation très large fait des puces microfluidiques un levier essentiel dans le développement de la bioproduction et du diagnostic personnalisé.

Le principe fondamental de la microfluidique repose sur la manipulation de très petites quantités de liquide à travers des réseaux de microcanaux. Lorsqu’un échantillon, comme une goutte de sang, entre dans une puce microfluidique, il est fragmenté en une multitude de micro-gouttelettes, qui peuvent aller jusqu’à plusieurs dizaines de milliers. Chaque gouttelette peut ensuite être analysée individuellement. Ce processus permet de réaliser des analyses très précises, souvent appuyées par des modèles statistiques, pour valider ou infirmer la présence d’un biomarqueur, d’une maladie ou d’un agent spécifique.

Il existe une grande diversité de puces microfluidiques, avec des architectures différentes selon les usages. Mais ce principe de fragmentation et d’analyse multipoint reste central dans de nombreuses applications.

Quels types de puces micorfluidiques MORA Group fabrique-t-il ?

Les puces microfluidiques sur lesquelles nous intervenons intègrent des réseaux complexes de microcanaux, essentiels pour guider le prélèvement liquide, le fragmenter en microgouttelettes, ou l’acheminer vers une zone d’analyse ciblée.

Ces composants exigent un niveau de précision extrêmement élevé. Certaines applications imposent la fabrication de canaux de seulement 20 à 40 microns, avec des tolérances dimensionnelles de l’ordre de quelques microns. C’est ce niveau de finesse qui permet aux machines de diagnostic d’interpréter les résultats avec fiabilité.

On a développé notamment des puces microfluidiques pour l’IPGG (Institut Pierre-Gilles de Gennes). Cet organisme de référence en France dans le domaine de la recherche en microfluidique collabore avec de nombreux acteurs pour tous types d’applications. Nous avons non seulement travaillé sur la fabrication de puces microfluidiques de haute précision, mais aussi sur l’assemblage de pièces par soudure laser.

Qu’est ce que l’IPGG 

L’IPGG est un centre de recherche interdisciplinaire français spécialisé dans la microfluidique et la nanofluidique, rattaché à l’université PSL et regroupant des équipes de l’ESPCI, ENS, Institut Curie et Chimie ParisTech. L’IPGG allie recherche fondamentale et appliquée, en s’appuyant sur une équipe pluridisciplinaire (physiciens, biologistes, chimistes, ingénieurs) pour développer de nouvelles technologies microfluidiques.

En effet, dans l’ensemble des applications, les puces microfluidiques doivent être scellées de façon hermétique sans obstruer les canaux ou détériorer la fonction.

Pourquoi souder une puce microfluidique ?

Pour commencer, la technologie de soudure laser n’est pas nouvelle ; elle était déjà utilisée il y a plus de vingt ans, notamment dans l’industrie automobile, pour l’assemblage de capteurs. À l’époque, elle permettait de remplacer d’autres méthodes d’assemblage avec efficacité, y compris dans des architectures complexes et automatisées.

Mais lorsqu’il s’agit de puces microfluidiques, le niveau d’exigence change radicalement. La précision devient la clé. Les pièces sont plus petites, les tolérances beaucoup plus fines, et chaque soudure doit être parfaitement maîtrisée pour garantir l’étanchéité des microcanaux et la performance du diagnostic.  La gageure, dans ce contexte, n’est donc pas la technologie en soi, mais l’adaptation de cette technologie à des échelles microtechniques, où le moindre écart peut compromettre le fonctionnement du système.

La fabrication d’une puce microfluidique commence généralement par l’injection d’une première pièce, qui constitue le support principal. C’est sur cette pièce que sont moulés les microcanaux, avec le haut niveau de précision nécessaire pour assurer le bon fonctionnement du système.

Mais cette pièce injectée, à elle seule, ne suffit pas ! pour devenir fonctionnelle, elle doit être fermée hermétiquement. On vient donc l’assembler avec un film plat, qui sert de couvercle et permet de sceller les microcanaux. L’objectif est de garantir une étanchéité parfaite pour permettre une circulation maîtrisée des fluides. Cet assemblage implique l’utilisation d’un procédé de soudure ou de collage adapté afin de réunir ces deux éléments sans déformer les structures fines de la pièce injectée.

Pourquoi utiliser la soudure laser pour ce type de produits ?

Il y a encore quelques années, l’assemblage des puces microfluidiques se faisait principalement via des procédés chimiques, notamment par collage. Ces techniques présentaient plusieurs inconvénients : un temps de traitement long, une complexité d’industrialisation, et surtout l’utilisation de produits chimiques potentiellement nocifs, un vrai problème dans un environnement médical où la pureté des matériaux est cruciale.

C’est dans ce contexte que Mora a fait le choix stratégique de proposer un assemblage par soudure laser. Cette technologie présente un plusieurs avantages ; Elle est rapide, propre et facilement industrialisable, et elle n’introduit aucun apport de matière étrangère. Seules les propriétés des matériaux plastiques d’origine sont mises à contribution. Ce dernier point est particulièrement important pour les applications diagnostiques et biomédicales, où toute contamination extérieure doit être évitée. La soudure laser s’impose donc comme une solution fiable, propre et conforme aux exigences du secteur.

Chez Mora, nous avons validé cette approche à travers un POC (Proof of Concept) qui nous a permis de démontrer que la soudure laser permettait d’atteindre à la fois, une étanchéité parfaite dans des zones très ciblées, une tenue mécanique fiable et surtout un respect absolu des micro-précisions exigées par la structure des puces.

C’est un véritable défi technique, car il faut souder sans obstruer les microcanaux avoisinants. Certaines zones de la pièce présentent des canaux d’une hauteur de seulement 20 microns, avec des tolérances de quelques microns seulement, en largeur comme en profondeur. La soudure doit donc être ultra-localisée, maîtrisée et répétable.

Autre atout majeur de ce procédé : la possibilité d’ajouter un contrôle caméra directement intégré en ligne, permettant de vérifier automatiquement la qualité des soudures sur les zones critiques.

Aujourd’hui, nous utilisons déjà des machines de soudure laser très spécialisées. Mais notre objectif, à mesure que les volumes augmenteront, est de les intégrer dans des lignes de production automatisées, afin de garantir industrialisation, répétabilité et productivité.

Quels sont les différents types de soudure laser possibles pour ce genre d’application ?

Dans le domaine de l’assemblage par soudure laser, trois technologies principales se distinguent, chacune répondant à des besoins spécifiques selon la géométrie des pièces et la sensibilité des zones à préserver :

  • La soudure laser par contournage: Dans cette approche, le faisceau laser suit un tracé précis, en contournant la zone à souder. Le laser se déplace le long des microcanaux, en suivant un parcours défini. C’est une méthode adaptée aux formes complexes et aux soudures localisées.
  • La soudure laser par masquage: Cette technique consiste à projeter un faisceau laser sur l’ensemble de la surface, en protégeant certaines zones à l’aide d’un masque en cuivre. Ce masque recouvre les zones sensibles – comme les canaux fluidiques – afin d’éviter leur exposition à la chaleur. Le laser balaye la surface, ne chauffant que les zones non masquées. Cette méthode est particulièrement adaptée aux assemblages nécessitant une préservation stricte de certaines zones fonctionnelles.
  • La technologie hybride: Il existe également des procédés combinés, qui tirent parti des avantages des deux méthodes précédentes.

Pour optimiser le procédé de soudure laser, Mora a fait le choix d’un assemblage par masquage.

Pouvez-vous nous parler un peu plus de la soudure laser par masquage ?

Pour garantir un assemblage fiable et reproductible, Mora a mis en place un processus de soudure laser rigoureusement maîtrisé. Tout commence par un posage de précision : la pièce injectée est d’abord positionnée sur un support dédié, puis le film de fermeture est ajouté par-dessus. Cette étape est critique, car elle impose des contraintes strictes de planéité.

Pour répondre à ces exigences, Mora a développé un système de guidage spécifique du film, permettant de maintenir la parfaite planéité de l’ensemble avant la soudure. Une lame de verre est ensuite appliquée pour mettre l’empilement sous contrainte. C’est dans cette lame que vient s’intégrer le masque en cuivre, qui délimite les zones à souder. Le balayage laser est alors effectué avec une extrême précision : seules les zones dégagées par le masque sont soudées. Pour cela, le masque lui-même doit être usiné avec une précision encore plus grande que celle exigée pour la pièce finale. En effet, une diffraction du faisceau peut survenir à travers l’épaisseur du masque, ce qui impose un usinage de très haute qualité.

Ce niveau d’exigence a conduit Mora à s’entourer de partenaires spécialisés, aussi bien pour la fabrication du masque que pour la réalisation de la soudure laser. Grâce à cette rigueur, les résultats obtenus ont été parfaitement conformes aux attentes en termes de précision, avec des écarts maîtrisés à quelques microns près.

Aujourd’hui, ce procédé d’assemblage par soudure laser développé par Mora est capable de répondre à une large variété de besoins industriels, en particulier dans les secteurs exigeants du diagnostic médical et de la microfluidique. Peu d’acteurs maîtrisent ces technologies de façon aussi pointue, ce qui confère à Mora un positionnement unique sur ce marché de haute précision.

Êtes-vous nombreux à maitriser cette technologie ?

Non pas vraiment ! C’est pour cela que  Mora s’implique activement dans un consortium d’acteurs français mobilisés autour d’un objectif commun qui est de relancer et structurer une véritable filière industrielle de la microfluidique en France. Car si notre pays a longtemps été à la pointe de la recherche sur le sujet, cette avance ne s’est pas toujours traduite par une industrialisation locale.

La technologie existe, les savoir-faire aussi, mais c’est l’écosystème de production qu’il faut aujourd’hui renforcer. La pandémie de COVID-19 et l’essor des tests génétiques ont agi comme des accélérateurs de prise de conscience, en soulignant l’importance stratégique de ces technologies pour la santé publique et la souveraineté industrielle.

Chez Mora, cette ambition passe notamment par des partenariats étroits avec des organismes de recherche, comme l’Institut Pierre-Gilles de Gennes, en lien avec des institutions de renom telles que l’Institut Curie. Ce dialogue entre recherche fondamentale et savoir-faire industriel est la clé pour faire émerger des solutions concrètes, localement produites, à la hauteur des enjeux médicaux et technologiques actuels.

Comment voyez vous l’avenir de cette technologie que maitrise parfaitement Mora ?

Depuis deux ans, le domaine de la microfluidique connaît une véritable effervescence. Que ce soit dans les organismes de recherche ou, plus récemment, dans le monde industriel, les initiatives se multiplient, portées par des enjeux de santé, d’innovation et de souveraineté. L’ambition est de faire de la France un acteur majeur de cette technologie, à la hauteur de son excellence reconnue en recherche médicale.

Le groupe MORA est pleinement engagé dans cette dynamique, tant sur le plan de l’assemblage avec la soudure laser que sur celui de l’injection plastique. Et les projets à venir annoncent déjà de nouvelles contraintes techniques, plus exigeantes encore, qui nécessiteront d’explorer de nouvelles technologies d’injection.

Chaque nouveau développement est un véritable challenge, notamment en matière de précision, mais c’est aussi ce qui nourrit notre passion et notre engagement. La microfluidique est un domaine où chaque détail compte, et c’est dans cette exigence que Mora Group trouve toute sa légitimité.

Métrologie : la précision au service de la qualité et de la performance chez Mora Group

La métrologie occupe une place clé dans l’assurance qualité des pièces industrielles, qu’il s’agisse de moules ou de pièces thermoformées complexes. Véritable science de la mesure, elle garantit la conformité aux exigences les plus strictes. Elle constitue ainsi un maillon essentiel pour sécuriser chaque étape du développement jusqu’à la production série. Vincent Collard nous éclaire sur la métrologie au sein des process de MORA Group.

Bonjour Vincent, Pourriez-vous nous décrire votre parcours professionnel ?

Je suis Vincent Collard, Directeur Technique du groupe MORA et ingénieur en mécanique diplômé de l’UTC de Compiègne.
Après avoir débuté ma carrière dans la sous-traitance, j’ai passé 15 ans dans l’automobile, où j’ai développé des capteurs moteurs et des systèmes mécatroniques pour de grands constructeurs comme PSA, Renault, BMW ou Ford.
J’y ai dirigé des équipes et supervisé l’ensemble du cycle de vie des projets, de la conception à la mise en production.
J’ai ensuite relevé de nouveaux défis en tant que chef de projet grands comptes dans le secteur des centrales solaires, en pilotant des projets majeurs pour EDF et Aéroports de Paris.

Aujourd’hui, fort de cette expérience en gestion de projets complexes, j’accompagne les clients de MORA avec rigueur et expertise.

Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est la métrologie ?

La métrologie, c’est l’art de mesurer avec précision les pièces que l’on fabrique, dans le but de valider leur conformité par rapport au plan du client. Elle repose principalement sur les critères dimensionnels définis par ce plan : longueurs, diamètres, épaisseurs, localisations,… et surtout les tolérances associées.

Nous avons plusieurs étapes dans notre processus de métrologie.
La première étape est une métrologie exhaustive. Il s’agit de mesurer l’ensemble des cotes du plan sur les premières pièces issues du moule. Cette étape est souvent réalisée par des laboratoires extérieurs spécialisés.
Après cette phase, nous effectuons les mises au point nécessaires si besoin. A la fin du processus de développement, nous réalisons à nouveau une métrologie complète pour valider définitivement la conformité de la pièce par rapport au plan.

Cependant, ce qui est très important à comprendre, c’est que toutes les cotes n’ont pas le même niveau d’importance. Certaines cotes sont considérées comme critiques ou significatives. Elles sont repérées sur le plan à l’aide d’identifications spécifiques. Ces cotes critiques sont en général issues de l’AMDEC produit du client. Ce sont des cotes qui, si elles ne sont pas respectées, peuvent entraîner des dysfonctionnements, des problèmes de sécurité, ou des non-conformités réglementaires.

Ces cotes critiques font donc l’objet d’une attention particulière. De manière générale, elles sont traitées de deux façons, souvent combinées. Nous réalisons dans un premier temps les études de capabilité pendant le développement pour évaluer si la cote est bien maîtrisée par rapport aux tolérances imposées. Ensuite nous réalisons le suivi en production pour vérifier en continu que la cote reste conforme tout au long de la fabrication.

Concrètement, durant le développement et à chaque évolution du produit, comme par exemple après une retouche de moule, nous réalisons des études de capabilité pour vérifier si la cote est bien centrée et si elle est capable, c’est-à-dire conforme et stable. Ce travail continue jusqu’à la phase finale, lors de la remise du rapport d’échantillons initiaux PPAP dans l’automobile, ou QO pour le médical.

En production série, le suivi des cotes critiques est très souvent exigé. Il peut être effectué au début et à la fin de chaque lot ou parfois toutes les 8 heures, selon les exigences du client.

Quel processus ou organisation particulière avez-vous mis en place chez MORA GROUP pour cette expertise ?

Chez Mora, nous avons mis en place une organisation spécifique pour gérer tout cela de manière fluide.  Nous identifions très tôt les cotes critiques dans le développement et nous suivons la continuité des mesures entre le développement et la production, pour éviter tout écart ou biais de mesure.

Nous portons une attention particulière non seulement à la mesure des pièces, mais aussi à la qualité des moyens de mesure eux-mêmes. Il faut que le moyen soit adapté, précis et que les résultats soient répétables et reproductibles, c’est-à-dire fiables, quel que soit l’opérateur.

Pour cela, nous réalisons systématiquement des études R&R (Répétabilité et Reproductibilité) sur les moyens de mesure employés pour ces cotes critiques. Dans certains cas, les clients réalisent également des contrôles de leur côté, à réception.


Il existe alors deux situations :

La corrélation des mesures : nous comparons nos résultats aux leurs, en cherchant d’éventuels biais. Pour cela, idéalement, il faudrait utiliser les mêmes équipements et les mêmes posages. Nous proposons parfois de développer des posages en double, pour limiter les écarts, mais ce n’est pas toujours réalisable car les clients n’ont pas toujours les mêmes machines que nous.

La délégation totale de la mesure : certains clients préfèrent nous déléguer entièrement la mesure et valident nos rapports de métrologie, nos études de capabilité et nos certificats. Dans ce cas, Mora est responsable de la libération des lots.

Un autre point important, c’est que certaines pièces sont particulièrement complexes à mesurer, par exemple lorsqu’elles sont massives ou présentent des retraits matière importants. Cela complique encore la métrologie car atteindre des tolérances de ±0,02 mm sur de telles pièces demande une très grande précision. Chez Mora, nous avons l’expérience de ce type de pièces, et nos procédures garantissent un suivi rigoureux ainsi que des mesures fiables.

En quoi la maîtrise de la métrologie représente-t-elle un atout pour Mora ?

Ce n’est pas simplement le fait de faire de la métrologie qui constitue un atout. C’est l’organisation interne dédiée à son traitement qui fait toute la différence chez Mora Group.
Quand j’ai pris la Direction Technique en 2016, la qualité n’était pas sous mon autorité. Cela pouvait créer quelques lourdeurs dans les échanges.
À l’époque, le service Qualité fournissait les rapports de mesures, sans être impliqué dans la décision de retoucher ou non les moules. Cela engendrait des délais plus importants et un manque d’efficacité en cas de contestation par le service Technique et de nécessité d’approfondir les analyses.

En 2019, j’ai intégré la qualité développement directement dans mon équipe. Depuis, les mesures, les analyses et les décisions sont prises de manière fluide et rapide.

La qualité, les chefs de projet et les experts outillage travaillent ensemble, au quotidien. Dès qu’une mesure pose question, on échange en direct, on arbitre le jour même, et on ajuste rapidement. Cela nous permet d’accélérer les mises au point, de mieux prioriser les actions et d’éviter les cloisonnements entre services.

Ce fonctionnement intégré est un vrai facteur de différenciation par rapport à d’autres entreprises. Je le vois d’ailleurs à chaque fois que je présente notre organisation à des clients. Ils comprennent tout de suite l’intérêt et nous en font souvent la remarque. Dans leurs propres structures, ils ont encore souvent une séparation stricte entre qualité et technique, ce qui les ralentit.

Nous avons aussi intégré les achats outillage dans le service. Cela nous permet de maîtriser en interne toutes les décisions liées aux surcoûts ou aux choix techniques sur les moules, en restant toujours cohérents avec les enjeux projet.

Stérilisation : une expertise clé au service de la sécurité et de la qualité chez Mora Group

La stérilisation est une étape clé dans la fabrication de dispositifs destinés aux secteurs médical et pharmaceutique. Pour en comprendre les enjeux, Vincent Collard, nous partage son retour d’expérience sur ce processus exigeant, devenu un véritable levier de confiance pour nos clients.

Bonjour Vincent, Pourriez-vous nous décrire votre parcours professionnel ?

Je suis Vincent Collard, Directeur Technique du groupe MORA et ingénieur en mécanique diplômé de l’UTC de Compiègne. J’ai commencé ma carrière dans la sous-traitance avant d’évoluer pendant 15 ans dans l’automobile, où j’ai développé des capteurs pour moteurs et systèmes mécatroniques pour des clients comme PSA, Renault, BMW ou Ford. J’ai dirigé des équipes de développement et supervisé l’ensemble du cycle de vie des projets, de la conception à la production. Par la suite, j’ai choisi de relever de nouveaux défis en devenant chef de projet grands comptes dans le secteur des centrales solaires, en collaborant avec EDF et Aéroports de Paris sur des projets d’envergure. Aujourd’hui, je mets cette expérience en gestion de projets complexes au service de MORA, pour accompagner nos clients avec rigueur et expertise.

Aujourd’hui, je mets cette expérience en gestion de projets complexes au service de MORA, pour accompagner nos clients avec rigueur et expertise.

Pouvez-vous nous expliquer la stérilisation chez Mora Group ?

Mora Group s’intéresse à la stérilisation des produits depuis près de dix ans. Ce procédé concerne principalement les produits fabriqués en salle blanche et destinés au secteur médical. Nous avions constaté que certains clients de longue date procédaient eux-mêmes à la stérilisation de nos pièces dès leur réception.

 En règle générale, la stérilisation intervient en phase finale du processus. Une fois les produits injectés et conditionnés, ils sont ensuite soumis à la stérilisation avant leur envoi au client final.

Mora Group s’est engagé dans les process de gestion de la stérilisation pour réponde aux besoins d’un client historique, qui développe un auto-injecteur pré-rempli et à usage unique.

Il s’agit d’un dispositif médical d’injection sans aiguille, MORA injecte les composants plastiques. Comme le médicament entre directement en contact avec les pièces thermoplastiques avant d’être administré dans l’organisme, il s’agit d’un produit particulièrement critique. La stérilisation de la buse d’injection assemblée avec son opercule, pièce fabriquée par MORA, est donc indispensable afin d’éliminer tout risque d’infection pour le patient en cas de contamination du médicament.

Pour garantir une maîtrise optimale de cette exigence, nous avons fait appel à des spécialistes afin d’approfondir nos connaissances et de développer nos compétences ainsi que nos processus liés à la stérilisation. Toutefois, cette étape de stérilisation n’est pas réalisée en interne : nous nous appuyons sur des sous-traitants dont c’est le métier.

Concrètement, nous livrons les produits conditionnés à un prestataire qui se charge de leur stérilisation. Une fois cette opération effectuée, les produits sont directement expédiés vers le client final.

Pouvez-vous nous expliquer concrètement, ce qu’est la stérilisation ?

Le stérilisateur peut recourir à différentes méthodes, parmi lesquelles la stérilisation par rayonnement (X ou Gamma), par chaleur (sèche ou humide), par gaz d’oxyde d’éthylène (EtO).

À ce jour, nous  sous-traitons la stérilisation par rayons gamma, une technique largement utilisée dans les secteurs médical et pharmaceutique. Son objectif principal est d’éliminer toute forme de contamination présente sur le produit (micro-organismes). On parle notamment de biocharge et d’endotoxines, qui sont des contaminants nécessitant une élimination stricte.

Grâce aux rayons gamma, ces éléments sont neutralisés, à des doses comprises entre 25 et 50 kGy, garantissant ainsi un niveau de stérilité conforme aux exigences réglementaires et aux standards du secteur.

Pouvez-vous nous détailler la méthodologie et les processus mis en place pour la stérilisation ?

Nous pouvons distinguer 4 grandes étapes dans les processus mis en place pour la stérilisation

La première étape consiste à valider la méthode de stérilisation, une phase clé du développement et du préprojet. Cette validation permet de confirmer l’efficacité de la technique choisie. Dans notre cas, nous utilisons la méthode VD max 25, qui nécessite une évaluation rigoureuse. Elle repose sur la détermination de la population de micro-organismes présents, conformément aux normes afférentes à la stérilisation.

Pour cela, nous effectuons une vérification du niveau de biocharge des produits en fonction de notre processus de fabrication. Cette analyse permet de déterminer la dose de stérilité nécessaire pour garantir l’éradication des contaminants. Cette dose minimale doit impérativement être inférieure à 25 kGy, qui représente le seuil minimum de stérilisation. Sur le lot qualifié, les produits sont soumis à un traitement à la dose de vérification, suivi d’un contrôle rigoureux afin de s’assurer de leur parfaite stérilité.

Il existe un lien direct entre le niveau de biocharge des produits et la dose de stérilité qui leur est appliquée. Une fois les produits traités, leur stérilité est contrôlée afin de vérifier l’efficacité du processus. Cette étape permet ainsi de valider définitivement la méthode de stérilisation utilisée.

Il faut également définir le processus de stérilisation en fonction du conditionnement des produits, qu’il s’agisse de petits contenants, de cartons ou de palettes entières. Lorsqu’il s’agit de palettes complètes, celles-ci passent dans des tunnels de stérilisation où elles sont exposées au traitement par rayons gamma, assurant ainsi la stérilisation de l’ensemble des produits qu’elles contiennent. Cette étape se déroule directement chez le stérilisateur.

Pour la qualification, nous faisons généralement traiter trois palettes en même temps. Celles-ci sont équipées de dosimètres d’irradiation, positionnés sur l’ensemble des cartons. L’objectif est de garantir que même le carton situé au centre de la palette reçoive la dose minimale de 25 kGy nécessaire à une stérilisation efficace. Cette étape permet de s’assurer que tous les produits bénéficient d’un niveau d’irradiation compris dans les tolérances fixées de 25 à 50 kGy.

Ce processus est appelé cartographie et constitue une phase essentielle de validation au cours du développement. À l’issue de cette étape, nous pouvons garantir que l’ensemble des produits, dans leur disposition d’origine, ont bien reçu la dose de rayonnement requise pour assurer leur stérilisation.

Il est important de souligner que la cartographie est directement liée à la densité et au volume des pièces, car les rayons gamma doivent traverser les cartons et les produits. Une fois la cartographie validée, elle est spécifique aux conditions initiales de stérilisation.

Toute modification du produit – qu’il s’agisse d’un changement de design, de matériau, de quantité ou même de packaging – nécessite une nouvelle cartographie. En effet, la validation de la cartographie est effectuée à un instant t et ne reste valide que tant que les paramètres du produit et de son conditionnement restent inchangés.

La stérilisation est une étape particulièrement critique, car elle peut impacter directement la sécurité des patients. Un défaut dans ce processus pourrait avoir des conséquences graves, ce qui impose une rigueur absolue et un cadre méthodique bien défini.

C’est pourquoi un protocole strict et routinier est mis en place lors de la fabrication en série, avec des vérifications effectuées tous les trois mois. Lors des phases de présérie, ces contrôles sont encore plus fréquents, étant réalisés à chaque lot de production. Ce processus est exigeant sur le plan logistique et nécessite un suivi précis : à chaque production, des échantillons représentatifs sont prélevés dans les mêmes conditions de fabrication, puis envoyés en laboratoire pour des tests spécifiques.

Ces analyses comprennent notamment les tests LAL (tests d’endotoxine bactérienne) et Bioburden, qui permettent de vérifier le niveau de biocharge et d’endotoxines du produit et de s’assurer qu’elles restent dans les seuils compatibles avec les gammes de stérilisation définies. Ce protocole de contrôle est systématiquement appliqué aux produits stérilisés.

Chez Mora, nous avons également développé un contrôle particulaire des produits en interne, qui constitue une étape essentielle du processus de fabrication. Il s’agit d’un contrôle in process, réalisé à chaque lot afin de mesurer le nombre et la taille des particules présentes sur les pièces produites.

Pour ce faire, nous utilisons une méthode de comptage particulaire en phase liquide. Le produit est plongé dans de l’eau après une mise à blanc, en quelque sorte « lavé » de ses pollutions.  L’eau de lavage est ensuite aspirée à l’aide d’une sonde, puis analysée en passant devant une cellule optique. Cette technologie permise par une machine spécifique, identifie précisément la quantité de particules présentes selon différentes plages de taille allant de 10 µm à 50 µm et plus.

Le nombre de particules détectées est ensuite rapporté à une unité de surface, une mesure exprimée en UFC (Unités Formant Colonies). Cette analyse permet de vérifier si le produit respecte bien les exigences de propreté définies. En ce sens, ce contrôle contribue à qualifier le produit comme propre et apte à être stérilisé.

L’ensemble de ces étapes garantit un processus de stérilisation rigoureux et conforme aux normes en vigueur, assurant la sécurité et la qualité des produits livrés aux clients.

Comment est gérée la logistique au sein de Mora ?

Comme mentionné précédemment, une fois nos pièces produites, elles sont envoyées chez le stérilisateur. Après traitement, elles sont directement expédiées au client final. Cependant, c’est nous qui gérons l’ensemble de la logistique et du suivi documentaire associé à la stérilisation.

Nous sommes responsables de la collecte et de la transmission des certificats de conformité. Ces documents comprennent les certificats de laboratoire attestant de la dose de stérilisation appliquée, le rapport des tests LAL et Bioburden, et le certificat d’irradiation qui valide que les palettes ont bien reçu la dose minimale requise en kilograys.

Tous ces documents sont ensuite envoyés au client. Cependant, en raison des délais liés à l’émission des certificats, il arrive que le client reçoive ses palettes avant la réception de ces documents. Ce n’est qu’après avoir analysé et validé l’ensemble des certificats de stérilité et de stérilisation que le client peut officiellement libérer les lots pour leur utilisation.

Il est important de distinguer stérilisation et stérilité.

  • La stérilisation est réalisée par le stérilisateur, qui se charge d’irradier les produits à une dose comprise entre 25 et 50 kGy (pour ce cas précis). Son rôle se limite à l’application du traitement.
  • La stérilité, en revanche, est garantie par un ensemble de contrôles et de certificats confirmant que l’irradiation appliquée a bien permis d’atteindre le niveau de stérilité requis.

Comment est perçu ce savoir-faire par les clients Mora Group ?

De nombreux clients et prospects sont particulièrement intéressés par l’externalisation de cette gestion, ce qui représente un véritable atout différenciateur pour Mora par rapport à d’autres injecteurs plastiques. La capacité à proposer cette prestation complète constitue une valeur ajoutée essentielle, notamment pour les acteurs des secteurs médical et pharmaceutique, qui recherchent des partenaires capables de gérer ces exigences complexes.

En plus d’intégrer la stérilisation dès la phase de projet, notamment à travers la validation de la méthode et la détermination de la dose stérilisante, Mora prend également en charge l’ensemble de la logistique liée à ce processus.

Ce processus dépasse largement le cadre d’une production d’injection plastique classique. Il implique un suivi rigoureux, un investissement en temps logistique et en assurance qualité. Cette expertise permet à Mora de se positionner comme un partenaire de confiance, capable de répondre aux exigences les plus strictes du secteur.

Nous avons fait le choix d’internaliser cette compétence car elle s’inscrit pleinement dans notre approche globale de gestion de la propreté et du suivi des pollutions sur nos produits. Cette expertise est essentielle pour garantir un contrôle rigoureux et une parfaite maîtrise de nos processus en interne.

Pour renforcer cette démarche, nous avons recruté une spécialiste qualité ce domaine. Son rôle est central : elle assure les contrôles internes, supervise les interactions avec les laboratoires qui réalisent les tests et veille à ce que nos procédures respectent les normes et exigences en vigueur. Cette intégration en interne nous permet d’optimiser notre suivi, de renforcer notre réactivité et d’assurer une traçabilité exemplaire tout au long du processus.

De plus en plus de grands donneurs d’ordre souhaitent déléguer la gestion de la stérilisation et de son suivi, ce qui renforce l’intérêt de notre offre. Cependant, il est essentiel de rappeler un point crucial : malgré notre rôle clé dans la gestion opérationnelle et logistique, la responsabilité finale de la libération des lots et de leur validation comme étant stériles incombe toujours au client.

Notre mission consiste à assurer l’exécution du processus – de la fabrication à la mise à disposition des produits, en passant par la coordination avec les laboratoires et les stérilisateurs. Nous réalisons concrètement ces étapes, mais l’acte formel et engageant de libération des lots demeure sous la responsabilité du client final.

Dans le cadre de nos engagement en matière de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et afin de soutenir nos actions en faveur de la transition écologique et énergétique, Mora Group est fier d’annoncer son intégration à la communauté du Coq Vert, une initiative portée par Bpifrance et l’ADEME.

Cette adhésion marque une étape supplémentaire dans la stratégie environnementale de notre groupe, témoignant de notre volonté de contribuer activement à la construction d’un modèle économique durable, conciliant performance industrielle et préservation des ressources naturelles.

Pourquoi rejoindre la communauté du Coq Vert ?

La communauté du Coq Vert est bien plus qu’un simple réseau : elle réunit près de 2 500 dirigeants d’entreprises engagés dans une démarche volontaire pour répondre aux grands défis environnementaux. En rejoignant ce collectif, Mora Group entend s’inscrire pleinement dans cette dynamique collective et s’engage à :

  • Réduire les dérèglements climatiques en adoptant des pratiques alignées sur les objectifs de neutralité carbone et en investissant dans des initiatives favorisant l’adaptation au changement climatique
  • Faire de la transition écologique une nécessité, source de création de valeur et d’emplois durables.
  • Encourager, diffuser et valoriser l’innovation technologique et organisationnelle pour accélérer la transition écologique de nos processus industriels et de nos produits.
  • Mobiliser et fédérer notre écosystème professionnel, en sensibilisant nos partenaires, collaborateurs et clients aux enjeux environnementaux.
  • Faire de la transition écologique une opportunité de création de valeur durable et de développement économique responsable.

Un accompagnement pour accélérer notre transformation

L’intégration à la communauté du Coq Vert nous ouvre la voie à un cadre structurant et des ressources concrètes, permettant de faire progresser notre engagement environnemental :

  • Des formations spécialisées : nous avons désormais accès à des modules de formation exclusifs et des ressources pédagogiques qui renforcent notre expertise dans les domaines de la transition énergétique et écologique.
  • Un réseau actif : grâce à des rencontres régulières, des ateliers et des événements, nous bénéficions d’un espace de dialogue et de partage avec d’autres acteurs engagés, favorisant l’échange de bonnes pratiques et l’émergence d’initiatives collaboratives.
  • Une visibilité accrue : en mettant en lumière nos actions, notre participation à cette communauté nous permet de valoriser nos projets environnementaux auprès de nos parties prenantes et d’inspirer d’autres entreprises à emprunter cette voie.

Mora Group : un acteur engagé pour un futur durable

Depuis plusieurs années, Mora Group intègre pleinement les enjeux environnementaux et sociétaux dans son activité. Notre participation au programme Ecovadis, qui évalue et valorise les performances RSE des entreprises, en est une illustration. Rejoindre la communauté du Coq Vert représente une continuité naturelle dans cette démarche et un levier supplémentaire pour intensifier nos efforts en faveur de la transition écologique.

Nous sommes convaincus que cette transition ne doit pas être perçue comme une contrainte, mais bien comme une opportunité de transformation et d’innovation. Elle nous pousse à repenser nos modèles de production, à investir dans des solutions technologiques durables et à renforcer notre rôle en tant qu’acteur responsable dans notre secteur.

Au-delà de nos propres actions, notre ambition est de fédérer l’ensemble des parties prenantes avec lesquelles nous travaillons : clients, partenaires, collaborateurs et fournisseurs. En collaborant avec des acteurs locaux et internationaux, nous souhaitons contribuer à une dynamique collective, capable de relever les défis climatiques et environnementaux actuels.

Mora Group a fait le choix de conjuguer performance économique et responsabilité environnementale. En intégrant la communauté du Coq Vert, nous réaffirmons notre rôle de leader engagé et notre détermination à participer activement à la transition écologique et énergétique, en partenariat avec des acteurs partageant les mêmes valeurs.

Pour en savoir plus : https://www.bpifrance.fr/communaute-du-coq-vert

Télécharger le manifeste du Coq vert: Le manifeste

Le développement : un pilier stratégique de l’innovation et de la performance chez Mora Group

Le développement est au cœur de l’innovation chez Mora. Pour comprendre les coulisses de ce métier stratégique, Vincent COLLARD, Directeur Technique du groupe Mora, partage son expertise et sa vision du développement, véritable pilier de l’innovation et de la satisfaction client.

Je suis Vincent Collard, Directeur Technique du groupe MORA, ingénieur mécanique diplômé de l’UTC de Compiègne. J’ai débuté ma carrière en tant que chef de projets dans la sous-traitance, puis j’ai évolué pendant 15 ans dans l’automobile, en tant que fournisseur de rang 1.

J’ai travaillé sur le développement de capteurs pour moteurs, boîtes de vitesses et systèmes mécatroniques pour des clients comme PSA, Renault, BMW, Ford, Fiat, Mazda, Maserati et bien d‘autres marques en France et à l’international. J’ai dirigé des équipes de développement allant jusqu’à 30 personnes et supervisé l’ensemble du cycle de vie des projets, de la conception à la production.

Cette expérience m’a permis de renforcer mes compétences en management et en gestion de projets complexes. Par la suite, j’ai changé de secteur en devenant chef de projet grands comptes pour des centrales solaires, où j’ai géré des chantiers avec des clients comme EDF et Aéroports de Paris.

Par la suite, j’ai rejoint MORA en tant que chef de projet en prestation, avant de devenir Directeur Technique.

Ce qui distingue notre approche chez Mora, c’est que l’ensemble du développement est situé en France, à Chambost-Allières. Notre équipe travaille sur des projets et des pièces destinées à être fabriquées dans nos sites en France, au Portugal et en Roumanie, selon les besoins du groupe. Manuplast, notre filiale suisse, bénéficie d’une autonomie, mais nous intervenons pour apporter notre expertise technique sur certaines problématiques. Nous gérons des projets diversifiés pour le secteur médical, le secteur automobile ou le secteur industriel. Tous les produits fabriqués au sein du groupe Mora ont nécessairement transité par notre équipe de développement.

En tant que responsable du développement, je dirige une petite équipe d’une dizaine de personnes :

Elle comprend les deux chefs de projet et la personne responsable des méthodes industrielles. Cette dernière est spécialisée dans les machines spéciales et les périphériques en sortie de presse. Elle nous aide à définir les presses, rédiger les cahiers des charges, valider les équipements, assurer leur mise en fonctionnement et effectuer toutes les qualifications sur site.

  • Depuis 2019, la qualité est intégrée au développement. Cela permet de fluidifier le fonctionnement en mode projet. Nous avons une ingénieure en charge des documents relatifs à la qualité, notamment les qualifications, particulièrement exigeantes dans le secteur médical avec des rapports QI, QO, QP, etc. Nous développons également les protocoles, c’est-à-dire les documents préalables, et définissons avec les clients les critères de qualification. L’ensemble est supervisé par un plan directeur de validation, élaboré par l’ingénieure qualité.
  • L’ingénieure Qualité réalise également les programmes de mesure sur machines 3D, les études R&R qualifiant ces mesures et les calculs de capabilités qualifiant les produits. Nous réalisons en interne les posages nécessaires à ces mesures.

Le service comprend également une contrôleuse Qualité, qui travaille sur les rapports de métrologie. Elle alimente les différents rapports Qualité par ses analyses et inspections sur pièces et ses mesures.

Un expert en moules, avec 30 ans d’expérience, est à la fois l’expert en outillages et l’acheteur d’outillages. Il assure ainsi une cohérence dans les échanges avec les moulistes, avec un langage commun. Sous sa supervision, deux techniciens régleurs sur presse sont chargés des essais d’injection. Ils ajustent le programme d’injection, réalisent tous les essais nécessaires et proposent des améliorations pour optimiser les processus.

Le deviseur, ou chiffreur, est chargé de l’évaluation des coûts pour toutes les RFQ que nous recevons. Ces devis sont ensuite envoyés au service commercial. Il y a une réelle continuité au sein du service Technique entre le chiffrage réalisé et la prise en charge du projet par le chef de projet. Je pense que cette implication est essentielle, car le service s’approprie le projet, étant à la fois responsable du chiffrage et de la gestion du projet.

Nous sommes une équipe pluridisciplinaire et très soudée, ce qui nous permet d’être très réactifs. L’intégration de la qualité développement, de l’achat de moules et de techniciens régleurs au sein du service, nous permet de fonctionner de manière très cohérente. La proximité des membres du service développement favorise une communication fluide et rapide, ce qui améliore considérablement la réactivité et la qualité de l’information échangée. Cette organisation est une véritable force qui nous confère agilité et fluidité dans la gestion de nos projets.

Le développement chez MORA est particulier, car nous ne concevons pas nos propres pièces plastiques. Nous répondons à des besoins clients souvent définis par un cahier des charges, un modèle 3D ou un plan client, en fonction de l’avancement du projet. Notre responsabilité n’est pas de concevoir la pièce, mais de collaborer étroitement avec le client pour la fabriquer, d’où le terme « co-développement ». Nous devons garantir que la pièce soit correctement processée, qu’elle s’injecte de manière optimale et qu’elle soit fabriquée conformément aux exigences. Pour cela, nous prenons en compte les données d’entrée relatives à la qualité, aux capacités de production et à l’environnement de fabrication.

À partir du 3D pièce fourni, la première étape est de réaliser une DFM (Design For Manufacturing), où nous recommandons des aménagements pour rendre la conception plus réaliste en fonction de notre process. Par exemple, pour le moule, nous indiquons des modifications comme les dépouilles, les éjecteurs, les points d’injection et les lignes de plan de joint. En résumé, notre travail consiste à concevoir les moyens permettant de fabriquer la pièce, conformément aux exigences du client.

Le client peut fournir des indications concernant l’environnement de production, par exemple pour le secteur médical, où des environnements propres sont requis, tels que les salles ISO 7 ou ISO 8.

Nous devons nous projeter, dès le début, sur la fabrication du moule d’injection et sa mise en place sur la ligne de production. Nous évoluons d’un métier de spécialiste en injection vers celui de concepteur de process intégrant plusieurs technologies dont l’automatisation. Notre rôle est de garantir que la pièce soit produite selon les attentes du client, en termes de qualité et de capacité.

À partir de là, nous concevons le moule en prenant en compte l’optimisation de l’injection de la pièce, l’éjection du moule et son positionnement. Il est également essentiel de penser aux périphériques, comme à la manière dont la pièce pourra être prise par un robot pour être packagée ou décorée. Il faut anticiper très tôt les processus nécessaires pour répondre aux attentes du client. Souvent, nous avons une grande liberté dans la conception des outils, le client définissant principalement les besoins en termes de fonctionnalité. Cela laisse à notre équipe toute latitude pour concevoir les moyens industriels assurant la compétitivité du projet.

Nous travaillons en mode projet, ce qui implique que le chef de projet joue un rôle hiérarchique fonctionnel. Il est l’interlocuteur privilégié et unique du client, ce qui lui permet de conserver une vue d’ensemble sur toutes les données d’entrée et de sortie du projet. Les procédures ne doivent pas être perçues comme une contrainte ; elles doivent être transformées en outils efficaces pour suivre et assurer le bon déroulement du projet.

Le développement est géré selon une procédure interne, la n°20, qui comporte six jalons appelés RP (Revue de Projet), de RP1 à RP6. Chaque jalon marque un point de revue de projet, avec des données d’entrée et de sortie spécifiques. Je participe à toutes ces revues de projet, qui doivent être validées par signature avant de passer au jalon suivant. Tant qu’il reste des actions ouvertes, nous ne pouvons pas passer à la revue suivante. Ce processus permet de structurer et de phaser le développement dans le temps.

Le processus débute après la revue de contrat, qui marque le lancement officiel du projet par le service commercial (Kick off). Une fois la commande reçue, le projet peut démarrer. Je désigne le chef de projet et l’équipe associée, ce qui constitue le passage de relais entre la phase de devis/offre et celle du projet. Le chef de projet Le chef de projet reçoit alors le budget, qui inclut le montant des achats et le nombre d’heures alloué au projet. Après la revue de contrat, la procédure de développement est lancée.

La RP1 comprend un questionnaire de 63 points auxquels nous devons répondre en fonction des données d’entrée du projet. Elle permet de vérifier si le cahier des charges est complet, si toutes les informations sont bien enregistrées dans l’ERP, et elle définit l’équipe, le planning et le budget. Si tout est conforme, cela signifie que l’équipe dispose de toutes les données nécessaires pour démarrer le projet. Cette étape fige la définition des moyens industriels de mise en œuvre du produit, en accord avec les exigences du client. Si tout est en ordre, je signe la RP1 pour valider cette étape.

Entre la RP1 et la RP2, nous procédons à la commande de tous les moyens de fabrication nécessaires, tels que les moules, les périphériques et les machines spéciales. Parallèlement, nous réalisons la validation de la conception des moyens à l’aide d’une check-list de vérification. Un autre document de validation porte sur la réception des moyens, avec une nouvelle check-list à compléter. Ces étapes garantissent que la conception est validée et que les moyens de fabrication sont prêts pour la phase suivante du projet.

Elle est dédiée aux premiers essais, avec une nouvelle check-list à valider suite aux tests réalisés sur les machines. Plusieurs boucles de mise au point et métrologie sont effectuées pour garantir que toutes les conditions sont remplies et permettre la validation de cette étape. Ces essais permettent de confirmer que les moyens de fabrication sont conformes aux spécifications avant de passer à l’étape suivante.

La RP3 est liée aux EI (Echantillons Initiaux) pour l’automobile et l’industrie, ou aux QO (Qualifications Opérationnelles) pour le secteur médical. Il s’agit de pièces que nous livrons au client, qui servent de base à toutes les qualifications. Ces pièces doivent être représentatives de ce qui sera produit en série. Elles sont cruciales, car elles valident le projet auprès du client et reflètent fidèlement le processus de production.

Si la production se fait à l’étranger, le chef de projet et le responsable outillage se déplaceront sur place pour garantir la conformité. Dans le secteur médical, deux qualifications sont réalisées : la QO, qui est orientée produit, et la QP, qui est orientée process et entièrement fidèle à la production en série. Ces qualifications sont essentielles pour obtenir l’acceptation du client avant de passer en production.

Elle valide que nous avons bien reçu le retour de la validation du client et que toutes les conditions sont acceptées. Elle confirme que la pièce est conforme aux exigences du client et que nous pouvons passer à la production en série.

Elle marque le passage de relais entre le développement et la production. Elle inclut une check-list détaillée avec des documents internes à remplir. Cette étape permet de vérifier que la production dispose de toutes les informations nécessaires, telles que la gamme de contrôle, le plan du produit et les moyens pour fabriquer la pièce… C’est également l’étape où l’usine de production confirme qu’elle accepte de prendre le relais du développement. Elle sert également de bilan pour évaluer le déroulement de la QP (Qualification Process) et s’assurer que tout est conforme avant de lancer la production.

La RP6  intervient après environ 6 mois de production. Elle permet de recueillir un retour d’expérience sur le déroulement de la production, en identifiant ce qui s’est bien ou mal passé. Cela permet également de déterminer les améliorations à apporter au processus. Cette étape est cruciale pour obtenir les retours des sites de fabrication, afin d’optimiser les méthodes et de garantir une qualité constante dans toutes les usines du groupe. Un bilan financier complet du projet est réalisé et les écarts par rapport au chiffrage initial sont analysés. Une confrontation des plannings initiaux/réels est faite avec explication associée si écart. Le but est de prendre en compte les points d’amélioration pour les futurs projets. La RP6 est signée par moi-même.

La partie qualité dans le processus de développement est cruciale, notamment pour garantir que le produit final répond aux exigences du client. Elle comprend la partie documentaire et la mise en place de moyens de contrôle dès les premières étapes du développement. Nous sommes responsables de la conception des moyens de contrôle utilisés en production, tels que des posages spécifiques avec des contrôles tridimensionnels effectués par des machines de mesure 3D (palpage ou optique).

Le programme de mesure est conçu par notre équipe. Dans des secteurs très exigeants comme le médical, et lorsque nous avons des moules avec 64 empreintes, nous développons des posages spécifiques permettant de vérifier simultanément toutes les pièces issues d’une moulée.

Ces outils doivent être qualifiés pour garantir leur précision et leur fiabilité lors de la mesure des pièces. Une fois qualifiés, ils sont utilisés pour évaluer la conformité des pièces et déterminer la capabilité de chaque côte critique. Ces moyens de contrôle sont ensuite transférés aux équipes qualité des sites de production, qui les utilisent pour assurer un suivi rigoureux et constant, garantissant ainsi la conformité des pièces tout au long du processus de fabrication.

La Qualité au cours du projet passe aussi dans la pertinence de l’établissement de l’ensemble des documents de qualifications avec fiches de tests associées, depuis l’établissement des protocoles jusqu’aux rapports finaux.

Et il n’y a pas de bon process sans Analyse de Risque et AMDEC Process adaptées ; cette démarche est assurée par la Qualité Développement, en intégrant l’ensemble de l’équipe Projet.

La conception des salles blanches qui nous permettent d’être ISO13485, a été réalisée par l’équipe développement de Mora. L’ensemble de l’agencement 3D de l’environnement est conçu par notre service, la construction en étant sous-traitée. Une nouvelle salle blanche a été mise en place en 2017, suivie de la deuxième en 2019, la troisième en 2021, et la quatrième en 2023. Ces installations imposent des exigences importantes en termes de propreté, d’habillement et de contrôle de l’environnement.

Aujourd’hui, Mora dépasse le simple rôle d’injecteur. Bien que l’injection reste notre cœur de métier, nous avons élargi notre expertise en développant des process et des technologies annexes tels que l’emballage unitaire étanche, le contrôle à 100% par caméra,  l’emballage automatique, la décoration et le marquage permettant d’assurer la traçabilité. Nous avons également mis en place des processus permettant de gérer la stérilisation des pièces et de garantir leur stérilité.

Chez Mora, nous maîtrisons l’injection, l’automatisation des process et la validation de nos process et produits via une procédure rigoureuse.

Notre performance technique réside dans le fait de proposer à nos clients le niveau d’automatisation adapté et nécessaire à leurs exigences qualitatives, optimisant ainsi les investissements.

Chez Mora, l’expertise en injection thermoplastique s’accompagne d’un fort savoir-faire en matière de décoration des pièces injectées. Pour vous donner un aperçu détaillé de ce métier, découvrez le témoignage de Vincent COLLARD, Directeur Technique du groupe Mora.

Je suis Vincent COLLARD, Directeur Technique du groupe Mora. À ce titre, je suis responsable de l’équipe de développement basée à Chambost-Allières, qui travaille pour l’ensemble de nos sites en France, au Portugal, en Suisse et en Roumanie

Mon parcours d’ingénieur mécanique, débuté à l’UTC de Compiègne, m’a permis d’acquérir une riche expérience en tant que chef de projet pour des constructeurs automobiles de rang 1 et dans le domaine des énergies solaires pour de grandes centrales. En 2016, après plusieurs années chez Mora en tant que chef de projet, j’ai pris la direction technique du groupe.

Chez Mora, l’injection de pièces en thermoplastique est au cœur de notre métier. La décoration, ou finition, vient enrichir cette expertise en ajoutant des éléments visuels sur les pièces injectées. Nous appliquons des décors en utilisant principalement la tampographie.

Cette technique utilise un tampon encreur spécifique, conçu pour prendre de l’encre à partir d’un masque de forme définie, puis l’appliquer avec précision sur la pièce injectée.

Cette méthode garantit une tenue durable et une robustesse supérieure des décors.

Bien que d’autres technologies, comme l’impression jet d’encre, existent, elles ne sont pas aussi adaptées en termes de durabilité et de résistance au fil du temps. La tampographie reste donc notre méthode privilégiée pour offrir à nos clients des finitions durables.

Nous utilisons la tampographie pour une large gamme de clients et applications. Cette technologie nous permet de décorer des pièces injectées avec une grande précision répondant ainsi aux exigences de divers secteurs d’activité.

Nous collaborons avec des clients de secteurs variés notamment le secteur médical. La tampographie peut par exemple révéler des graduations sur des seringues et des logos de contrôle diagnostique Covid (positif / négatif) sur des dispositifs médicaux. Cette technologie assure que ces marquages restent visibles et lisibles sur le long terme

La polyvalence de la tampographie permet souvent d’imprimer des logos de marque sur une multitude de produits ; outils de bricolage, boîtiers électriques domestiques, flacons et bouchons de parfum, blocs de climatisation pour l’intérieur des véhicules. Chaque pièce bénéficie d’une décoration précise et durable, renforçant l’identité visuelle et la qualité perçue des produits de nos clients.

Nous faisons de la tampographie depuis plus de 20 ans. Au fil des années, les technologies et les machines ont évolué, et nous avons constamment mis à jour notre équipement pour rester à la pointe de l’innovation. Nos machines multi têtes, capables d’appliquer différentes couleurs, ont été complétées par des lignes automatiques sophistiquées.

Ces améliorations permettent d’intégrer parfaitement la décoration à notre cœur de métier, l’injection plastique, offrant ainsi des solutions complètes et de haute qualité.

Actuellement, nous travaillons sur un projet majeur impliquant la tampographie automatique pour le capot Crossject. Ce projet illustre parfaitement notre capacité à intégrer l’automatisation avancée dans nos processus de décoration.

La décoration pour ce projet consiste à effectuer la tampographie autour d’une fenêtre et à imprimer une flèche accompagnée d’un numéro. Ces marquages servent à guider l’utilisateur de manière ergonomique lorsqu’il manipule le produit, facilitant ainsi l’application du médicament.

Sur ce produit, deux éléments nécessitent une attention particulière : le bouchon et le capot.

Pour le bouchon, nous utilisons une tampographie semi-automatique, permettant de produire environ 200 pièces par heure. Cette méthode convient à des cadences plus faibles, mais assure une précision et une qualité constantes

Pour le capot, qui nécessite l’application de deux couleurs sur deux côtés, nous avons mis en place une ligne de production entièrement automatisée capable de produire 1000 pièces par heure. Ce robot sophistiqué est équipé de 12 mandrins et d’un système de déchargement automatique des pièces par un robot. Un second robot positionne ensuite chaque pièce sur un autre mandrin de la machine de tampographie, qui applique les deux couleurs sur les deux faces. Un contrôle caméra 100% vérifie l’intégrité de la tampographie, garantissant une qualité optimale. Une fois la décoration terminée, les pièces sont déchargées sur un tapis convoyeur pour être emballées et expédiées

Ce projet nous a permis de franchir une étape significative en termes d’automatisation. Grâce à ces améliorations, nous sommes désormais en mesure de répondre à des demandes de volumes encore plus importants. Nous pouvons par exemple passer d’un moule rotatif 2 empreintes à un moule 4+4 empreintes pour augmenter notre capacité de production. Nous sommes capables d’adapter nos process aux demandes du client.

Nous nous efforçons de développer des processus optimisés et adaptés aux demandes de nos clients, tout en maintenant des taux de rendement synthétique (TRS) élevés. Le TRS est un indicateur crucial qui évalue notre capacité à produire des produits finis sur une journée de production. Il intègre divers facteurs comme le temps de cycle, les arrêts machine et le temps consacré à la qualité. Notre objectif est d’atteindre un TRS de 90%.

Cet indicateur est particulièrement important dans des processus interconnectés, tels que ceux impliquant la tampographie et l’injection plastique. La tampographie étant directement liée à la presse d’injection, il est essentiel que ces deux processus fonctionnent en harmonie. Un problème sur la ligne de tampographie ne doit pas perturber la production en amont de la presse d’injection.

Pour éviter ces interruptions, nous avons mis en place des systèmes de buffer. Si un problème survient au niveau de la tampographie, la presse d’injection continue à produire des pièces qui sont stockées dans un buffer. Lorsque la machine de tampographie est de nouveau opérationnelle, elle peut récupérer les pièces stockées et reprendre le processus sans interruption.

Avoir des processus qui fonctionnent sans heurts est essentiel pour ne pas ralentir l’activité. Grâce à l’automatisation et à une gestion rigoureuse des processus, nous assurons une production continue et efficace, qui répondent aux exigences de nos clients tout en optimisant nos capacités de production.

Les lignes de tampographie automatisées permettent de minimiser la manipulation des produits, ce qui est crucial pour garantir la propreté et l’intégrité des décorations, notamment dans le secteur médical.

Dans notre processus, le capot sort de la presse d’injection, est pris par un robot et mis directement sur le mandrin. Le robot effectue ensuite la décoration par tampographie et dépose le capot sur un tapis roulant. La pièce n’est manipulée qu’à la fin du processus pour être mise en carton, ce qui réduit le risque de contamination par des mains humaines.

Notre système automatisé permet de réaliser des tampographies en deux couleurs en un seul passage, ce qui diminue considérablement les risques de défauts de qualité qui pourraient survenir si deux passages étaient nécessaires.

Pour valider la qualité de chaque pièce, nous utilisons un contrôle par caméra 100%. Cette étape finale garantit que toutes les décorations sont conformes aux standards de qualité avant que les pièces ne soient emballées et expédiées.

Chez Mora, nous nous distinguons de nos concurrents qui se concentrent uniquement sur la tampographie grâce à notre maîtrise complète de la fabrication de pièces injectées. Cette expertise intégrée nous permet de proposer des avantages significatifs :

Nous avons la capacité d’automatiser le processus de décoration immédiatement après l’injection, ce qui se traduit par des cadences élevées et des coûts réduits. En évitant des coûts supplémentaires liés au transport et à la manipulation des pièces, nous pouvons offrir des produits à des prix compétitifs tout en maintenant une qualité supérieure.

Moins de manipulation des pièces signifie moins de risques de chocs et de contamination. En minimisant ces interventions humaines, nous garantissons une meilleure intégrité des pièces, ce qui est crucial pour des secteurs exigeants comme le médical.

Le contrôle par caméra est aujourd’hui un élément essentiel de notre processus. Chaque pièce est inspectée et qualifiée dès qu’elle sort de la ligne de production. Nous assurons ainsi une tampographie précise et uniforme, en garantissant la conformité aux spécifications en termes de gabarit, dimensions et absence de défauts comme les coulures. Cette rigueur nous permet de tendre vers le zéro défaut

En intégrant la tampographie à notre processus d’injection, nous garantissons non seulement la décoration mais aussi la qualité globale de la pièce.

Chaque étape est conçue pour optimiser le temps de cycle et la qualité des pièces, ce qui renforce notre position concurrentielle sur le marché.

Nos sites français Mora et Sofami ont été très honorés par la visite de Mme Stéphanie Périllard – Consule Générale de Suisse de Lyon, ainsi que Mme Sylvie Steinmann – Chargée de Projets et Mme Yasmine Pupet – Stagiaire Académique.

ll y a un an, Mora a étendu son empreinte en Suisse avec l’acquisition de Manuplast SA.

Les activités économiques entre la Suisse et la France sont importantes. De la fabrication de moules à l’injection en salle blanche, le groupe Mora, avec Manuplast, est fier de faire partie de cette histoire séculaire au bénéfice de ses clients suisses, français et mondiaux.

Le Groupe MORA est engagé depuis de nombreuses années dans une démarche de Responsabilité Sociétale d’Entreprise (RSE).

L’objectif est d’améliorer les pratiques en réduisant l’empreinte environnementale et en favorisant le bien-être des salariés. La démarche est présente dans l’ensemble des processus de l’entreprise.

Système de Management du Groupe MORA

Le groupe MORA met l’accent sur la satisfaction des employés et des clients, en s’appuyant sur des valeurs humaines, professionnelles et relationnelles. Engagé dans l’économie circulaire et l’excellence technique, MORA promeut la confiance et la confidentialité pour des relations équilibrées et réussies.

Eco-développement

Le groupe MORA adopte une démarche de « design for the environment » pour réduire l’utilisation de matière tout en maintenant la fonctionnalité, utilisant des logiciels de rhéologie pour optimiser les conceptions. Ils favorisent les matériaux biosourcés et fabriquent des produits plastiques 100% recyclables, tout en minimisant les emballages et l’impact du transport.

Process de fabrication à faible impact environnemental 

MORA investit massivement dans son outil de production pour réduire ses impacts environnementaux, passant de presses hydrauliques à électriques à son site de Chambost-Allières. Ils contrôlent régulièrement les consommations de matières pour garantir la conformité des produits, étalonnent les balances compteuses pour limiter le gaspillage, et ont mis en place des systèmes de récupération des fumées pour réduire la pollution.

Recyclage des matériaux 

Le groupe MORA optimise la réutilisation des chutes de production avec l’accord des clients et recycle les produits chimiques utilisés lors du nettoyage des moules. Toutes les chutes sont revalorisées via des sociétés certifiées, et un processus spécifique permet de réemployer la matière plastique, y compris en cas de surmoulage.

Gestion des déchets

Tous nos déchets industriels spécifiques (DIS) et banals (DIB) sont triés dans des bennes dédiées et valorisés grâce à un processus rigoureux et à l’implication de tout notre personnel.

Approvisionnement local 

Le groupe MORA privilégie les circuits courts et l’économie solidaire pour favoriser l’emploi local, mieux maîtriser les fournisseurs, améliorer la réactivité et réduire l’impact CO2. Ils collaborent avec des transporteurs locaux pour minimiser l’empreinte carbone des déplacements de produits

Démarche Qualité de Vie au Travail (QVT

Le processus RH de MORA est professionnel et bienveillant, mettant l’accent sur la gestion des compétences, les entretiens annuels d’évaluation et la promotion interne. Nous réalisons des enquêtes de satisfaction annuelles et nous nous engageons contre toute forme de discrimination en mettant en place des mesures anti-harcèlement et une charte de télétravail. Leur environnement de travail moderne et convivial inclut des espaces verts, et les salariés bénéficient de dispositifs d’intéressement et de cohésion d’équipe réguliers.

Déploiement du Lean Manufacturing 

Le Lean Manufacturing de MORA améliore les conditions de travail, favorisant la motivation des salariés et la satisfaction client. Des routines efficaces de réunions quotidiennes et hebdomadaires coordonnent les services pour assurer la communication et le suivi des actions d’amélioration. L’analyse des dysfonctionnements est systématique, utilisant des outils tels que QRQC, 5 Pourquoi et Ishikawa, avec un plan d’action mensuel décliné avec la direction

Retrouvez plus en détails les engagements du groupe MORA et les actions RSE réalisées au quotidien pour un environnement plus sain au travail et une réduction de l’empreinte carbone sur notre page dédiée RSE.

Une nouvelle ère dans le domaine de l’auto-injection médicale s’ouvre grâce à la collaboration renforcée entre MORA Group et Crossject.

MORA Group, spécialisée dans l’injection de pièces en plastique et Crossject, réputée pour sa technologie révolutionnaire d’administration de médicaments étaient faits pour s’entendre! Cette union stratégique vise à transformer radicalement l’administration des médicaments, avec pour objectif ultime d’améliorer la vie des patients à travers le monde.

L’expertise de MORA Groupe réside dans nos capacités de fabrication avancées et nos processus de contrôle de la qualité rigoureux. En mettant l’accent sur la précision et la fiabilité, nous garantissons que chaque composant répond aux normes de qualité et d’efficacité les plus élevées notamment dans le médical. Cet engagement en faveur de l’excellence s’aligne parfaitement sur la vision de Crossject pour le dispositif ZENEO®.

Le dispositif ZENEO®de Crossject représente un changement de paradigme dans l’administration des médicaments. Sa conception sans aiguille et pré-remplie permet une injection intramusculaire ou sous-cutanée rapide, même à travers les vêtements. Cette innovation améliore non seulement le confort du patient, mais facilite également l’administration rapide d’interventions médicales, en particulier dans les situations d’urgence.

Une alliance solide

La collaboration entre MORA Group et Crossject fait naître une synergie d’expertise et d’innovation. En combinant nos compétences, notre partenariat vise à transformer le paysage des soins de santé. Ensemble, nous nous consacrons au développement de solutions intuitives et accessibles qui améliorent les résultats pour les patients et révolutionnent les pratiques médicales.

Innovation au service des patients

Le dispositif d’auto-injection prérempli et à usage unique sans aiguille ZENEO® constitue une avancée révolutionnaire dans le domaine de l’administration des médicaments. En éliminant l’utilisation des aiguilles, il offre non seulement une solution plus sûre pour les patients, mais également une méthode plus pratique et plus rapide pour l’injection intramusculaire ou sous-cutanée, même à travers les vêtements.

Expertise et engagement

MORA Group est le principal partenaire de fabrication du dispositif ZENEO® de Crossject. Ce partenariat marque une étape importante dans notre relation de longue date. Nos installations de de pointe à Chambost-Allières, équipées de salles blanches et de presses ultramodernes, garantissent la production de composants de haute qualité pour le dispositif ZENEO®.

Un avenir prometteur

Le renforcement de la collaboration entre MORA Group et Crossject annonce un avenir prometteur. Ensemble, nous aspirons à introduire des innovations révolutionnaires qui répondent à des besoins médicaux et améliorent les soins aux patients dans le monde entier. En favorisant un partenariat fondé sur la confiance et l’innovation, nous sommes prêts à façonner l’avenir et à améliorer la vie des patients.

Nous continuons d’investir pour améliorer sans cesse nos process et outils de production pour plus d’efficience et de qualité.

Notre toute nouvelle machine de tampographie automatisée, en test sur la vidéo, est contrôlée par caméra.

Une fois qualifiée, la ligne complète sera intégrée à une machine de moulage par injection dans une salle blanche de notre usine de Chambost-Allières.

Avec 4 salles blanches entièrement dédiées au secteur médical, Mora est prêt à accompagner votre organisation, du développement à l’industrialisation.

Préparons le futur ensemble

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